Voeux du Maire – Discours du 14 janvier 2016

Jérôme Duchalet
Mesdames, Messieurs, Chères Vaudoises, Chers Vaudois,

Je veux être franc avec vous ce soir. J’avais terminé mes vœux 2015 en vous disant : « en cette année 2015 qui commence difficilement, je veux être optimiste. »

Je l’ai été, mais, tout comme vous, cette année n’a pas été simple. Et j’avoue qu’il me faut chaque jour tout l’enthousiasme de l’ensemble des élus municipaux et des vaudois pour continuer dans cette voie.

L’année 2015 s’est terminée dans le souvenir encore douloureux des attentats du 13 novembre, encore plus meurtriers que ceux du début 2015. Bien évidemment, cela se passe à Paris, cela se passe dans une grande métropole, loin de notre commune mi-rurale et mi-urbaine… Nous pourrions regarder ailleurs ! Mais, c’est toute la France qui est touchée. Je me dois en tant qu’élu républicain de redire ma tristesse et notre volonté de maintenir notre engagement citoyen au service de tous. Vous savez aussi que, en tant que policier, je suis mobilisé à titre professionnel dans une période où l’état d’urgence a été décrété nationalement. Cela m’oblige parfois à ne pas pouvoir être aussi présent que je le voudrais pour les dossiers de notre commune ces dernières semaines, mais je sais compter sur le relais de toute l’équipe municipale.

Et puis, je ne m’en cache pas non plus, nous n’avons pas eu tous les résultats escomptés pour notre commune, malgré toute l’énergie dépensée. Je veux ici clairement vous en donner un seul exemple, mais le plus significatif. Le front de l’emploi est un des plus importants pour nous. Avec mes adjoints, nous avons tout mis en œuvre pour trouver un acheteur aux bâtiments des établissements Bréa. Nous avions deux offres très intéressantes et clairement attractives. Le liquidateur judiciaire a préféré les refuser et nous nous retrouvons au point de départ, en ce début 2016. Dommage, dommage !

Je pourrais aussi vous parler des compétences « voirie » ou « affaires scolaires » passées à la Communauté de Communes et dont nous espérions des retombées et plus d’efficacité. Finalement, elles sont revenues aux communes… Bref, vous me comprenez et vous me suivez – je suis transparent – la vie d’élu local n’est pas un long fleuve tranquille.

Mais je reste fidèle aux paroles du philosophe Hegel qui écrivait : « Écoute la forêt qui pousse plutôt que l’arbre qui tombe ». Alors, je continue malgré tout à rester optimiste.

Prenons le pont-canal par exemple. Vous savez que c’est avec la plus grande tristesse que je me suis résolu à le fermer fin 2014. Mais je tiens, tout comme vous, à ce patrimoine et à cet itinéraire qui permet d’amener la voie verte au cœur de notre bourg. Alors nous avons remué ciel et terre, nous avons fait le siège des administrations. Je vous passe les détails et les montages. Mais je peux vous dire que nous allons lancer les études de diagnostics préalables au chantier de rénovation. Bien sûr, cela va prendre du temps. Mais d’ici moins de deux ans, je compte bien que nous repassions ensemble sur cet ouvrage ! J’aime le travail que nous menons sur le patrimoine et l’identité locale. Avec la nouvelle association de défense du patrimoine vaudois, nous avons refait faire et replacé la plaque commémorative en l’honneur des aviateurs anglais, néo-zélandais et canadiens abattus lors du bombardement de l’usine Dunlop et dont l’appareil s’est écrasé sur notre commune.

Qu’avons-nous fait d’autre en 2015 ? Nous avons fini toute la numérotation des rues et leur signalisation. Nous avons également repris la signalisation pour l’améliorer et rendre plus visibles les équipements de la commune. L’éclairage public a été changé pour plus d’efficacité, tout en faisant des économies. C’est une action exemplaire : nous avons changé tout le parc des points lumineux et, au final, investissement et fonctionnement compris, la commune a gagné de l’argent !

Cela peut paraitre de menues avancées. Mais pour moi et les élus qui m’accompagnent, elles constituent des priorités. Le bien-être et le bien vivre sur notre commune, ce sont l’ensemble de ces actions — parfois anodines, parfois plus visibles — qui font que les Vaudois se sentent bien ici, partagent, vivent, se rencontrent et tout simplement, ont envie de construire leur avenir ensemble. En ces périodes, difficiles, je crois que c’est important et le plus bel encouragement pour un maire.

Nous avons œuvré dans ce sens. Nous avons organisé un spectacle et un marché semi-nocturne. Nous réfléchissons d’ailleurs à inventer un marché régulier sur la commune. Et cette initiative devrait se concrétiser dès mars prochain. Nous réfléchissons à un marché en semaine et en soirée.

Nous avons installé également un défibrillateur pour la sécurité de nos concitoyens. Et je le précise, sans débourser un seul centime sur le budget communal. Bientôt, la maison solidaire dont les travaux se terminent permettra d’accueillir dans des logements des familles qui se retrouveraient en difficulté économique. Nous lancerons aussi en 2016 des travaux d’entretien de la voirie sur les portions les plus dégradés.

Je crois tout de même qu’avec toutes ces mesures, toute cette énergie que déploient les élus de la commune, nous entendons pousser la forêt dont parlait Hegel. Et cela malgré parfois quelques arbres qui tombent ! D’ailleurs, cette forêt qui pousse, je la vois chaque jour, car Vaux gagne des habitants. J’ai signé 7 permis de construire cette année et j’en ai bien évidemment en attente sur mon bureau. J’ai vu une activité d’élagage s’implanter. Nous gagnons de la population, ce qui n’est pas forcément le cas de beaucoup de communes dans l’Allier. La mairie a comptabilisé pas moins de 50 nouveaux arrivants à Vaux ! Mais attention, je veux rassurer tous les habitants et notamment les agriculteurs de Vaux. Nous ne toucherons pas au Plan Local d’Urbanisme. Vaux est une commune rurale et elle doit garder cette partie de son identité. J’y veille et la municipalité tient à préserver des terrains à vocation agricole.

Bien évidemment, je voudrais faire plus ! Mais, je le redis, nous avons trouvé une situation budgétaire très dégradée lors de notre arrivée à la mairie. Nous avons peu de marges pour investir pour le moment. Comme vous l’avez vu dans ce que je vous disais précédemment, pour toutes nos actions, nous cherchons des financements extérieurs et nous veillons à toujours travailler à budget constant et à ne pas creuser la dette. C’est aussi une priorité : désendetter la commune pour retrouver des moyens d’action dans les prochaines années. Je me suis engagé à ne pas toucher aux taux d’imposition : nous respectons cet engagement. Sous la contrainte de la préfecture, j’ai dû prendre la décision de jouer sur l’abattement. Je compte bien dès que possible revenir sur cette mesure, dès que les finances me le permettront et que la préfecture me l’autorisera.

Il me reste pour finir, mais c’est le plus important, à remercier tous les élus de la municipalité, tous les bénévoles des associations, tous les personnels communaux qui œuvrent à faire vivre notre commune, à lui donner ce supplément d’identité et d’âme qui la différencie des autres. Je voudrais tout particulièrement associer à ces remerciements tous les hommes, femmes et enfants qui partagent la vie des élus municipaux. Je peux vous dire que tous, totalement bénévolement, nous passons la grande majorité de notre temps libre pour les affaires collectives de la commune, souvent, au détriment de la vie de famille. Il en faut du courage, de l’abnégation et du dévouement pour accepter une épouse, un mari, un papa ou une maman élue. Je tenais tout particulièrement cette année à leur adresser un grand coup de chapeau et un grand merci !

Il est temps que je clôture mon allocution et que, fidèle à la tradition, je vous adresse tous mes vœux de bonheur pour cette année 2016. Je ne me risquerai pas comme l’an dernier à prêcher un optimisme trop enthousiaste. Mais je vous dirai simplement les paroles de Churchill pour nous guider en cette année à venir : « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité. Un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. »